Gilles Balmet

A propos

« Au cœur d’une région entourée de massifs montagneux, dans cette fabrique étanche à cet environnement, malgré les manipulations auxquelles s’adonne Gilles Balmet, ses œuvres conservent avec le réel une force imageante générée par les mises en pratiques de ses matériaux où paradoxalement une part d’aléatoire reste néanmoins préservée. Avec ses procédures de travail, l’encre en particulier affirme sous ses multiples utilisations une inventivité graphique autonome que, nonobstant, l’imagination du spectateur viendra combler en projetant des interprétations réalistes. Mais plutôt qu’une topographie repérable en un lieu et un temps donné, ses peintures évoquent des espaces fictionnels, les Zones ignorées du paysage plongées dans des vicissitudes climatiques multiples. Ces représentations supposées d’un imaginaire géographique, plus romantique que physique, s’en remettent donc au hasard des matières pour naître en évocations plus ou moins affirmées sous le regard des spectateurs. Waterfall, Ink Mountains, Éruption, Chemical landscapes, Nouveaux territoires ou bien Erased Landscapes, à la lecture des titres de ces séries, nous sommes toutefois en droit de prendre en compte une intentionnalité initiale de l’artiste qu’il ne serait pas incongru dès lors de qualifier de peintre de paysage. Mais à quelles réminiscences de paysage s’attache-t-il lorsque, par la gestuelle de ses mises en œuvre, il fait glisser sur ses feuilles vierges ses matières et ses outils ? Somewhere, Elsewhere, Anywhere out the World… Pourquoi se refuse-t-il de regarder la réalité en face pour ne s’en remettre qu’à ce que des formes incertaines de la peinture peuvent lui suggérer d’elle pour s’y réfugier comme dans un espace rassurant, discernable sans plus mais non localisable ? »

Jacques Py

Œuvres