Philippe Fabian

A propos

Les photographies et peintures de la série « Paysages choisis » prolongent la perception simultanée d’un « temps perdu » et du souvenir de la réalité du paysage.

Après la prise de vue, le travail dans l’atelier traduit et prolonge un rapport entre des sensations, des odeurs, des sons et des souvenirs.

Que voyons-nous ? Des reflets, des superpositions, des jeux de lumières qui sont les principaux éléments d’une traduction visuelle d’un temps qui nous traverse et que nous traversons.

Avec ces photographies et peintures, je cherche à restituer des impressions, à extraire de mon expérience personnelle un fragment d’universel pour partager un ressenti d’espace, de couleurs et de lumières en mouvement.

Ces images parlent de la fugacité d’un moment. Je capte un fragment du réel invisible qui nous échappe pour donner une forme au glissement entre ce qui est réel et ce dont on se souvient où que l’on a imaginé.

Ces photographies questionnent la mémoire, la joie de ressentir, de se perdre, de se retrouver dans une juxtaposition de souvenirs réels ou fictifs.

C’est aussi un moyen de s’immerger dans la fluidité de la lumière et dans l’espace d’un paysage qui reste présent lorsque l’on en est éloigné.

Dans la série d’images : « Intérieurs » […] , j’ai photographié des lieux où des existences se croisent, où des hommes, des femmes s’attendent, se préparent à un départ ou à une arrivée, des gares ferroviaires, routières, des ports.

Ces espaces urbains révèlent comme en miroir la présence d’un être humain qui à la fois habite le paysage et est habité par lui.

Plutôt qu’une restitution du réel, je privilégie la traduction d’un ressenti où s’hybrident à la fois des souvenirs réels et personnels et d’autres littéraires ou cinématographiques.

Expérimentation de l’immatérialité et du temps photographique, ces paysages industriels et urbains combinent à la fois un travail sur la perception de la lumière et des éléments mobiles qui la traversent. Elles sont des déclencheurs au travers d’un sentiment de « déjà-vu » d’une évocation fictive, d’une émotion indéfinissable, à saisir.

Philippe Fabian