Christèle Lefay

A propos

« La nature est une grande source d’inspiration, j’aime dire l' »idée de nature ». Je ne travaille pas in situ. Je prends parfois des photos.

C’est plutôt un travail de mémoire.

Autour de ce thème, je peins des paysages, des fragments de végétaux, des strates de roche, des gouttes d’eau…

Mon passé de scientifique m’amène à m’intéresser au minuscule, captivée par les images découvertes au microscope électronique, j’en emprunte les formes. L’échelle ne nous est pas donnée. La perspective est-elle immense et l’espace illimité? Scrutons-nous le minuscule dans l’objectif d’un microscope? Nous expérimentons la perte de repères. Le processus micro-macro donne à voir et nous permet d’accommoder un univers infime. L’immensité s’offre à nous. Les limites sont abolies.

Les formes sont représentées dans ma peinture de façon minimale oscillant entre l’abstrait et le figuratif. Le trait les souligne. Travaillées en aplat, sans perspective, elles se révèlent.

La couleur a son importance, fluide, superposée en transparence ou opaque, elle se fait le jeu entre les formes et le fond de la toile.

Parfois obsédante et très présente, elle est là pour structurer, organiser.

La cadrage très rapproché, utilisant le plus souvent le hors champ, laisse notre imagination vagabonder.

Notre curiosité est alors interpellée par la projection de souvenirs de paysages ou de mondes intérieurs qui se dégagent de ces peintures.

Mais tout ceci n’est-il pas un prétexte pour décrire cette Nature dont l’Homme altère parfois le fragile équilibre. Le minuscule, l’origine d’un univers qui par l’homme tente de disparaître, de se modifier, de s’épuiser. Ce regard sur une Nature beauté se révèle parfois incontrôlable et effrayante.

Ce contact à la nature qui nous fait pourtant revenir à l’essentiel.

Seulement des gouttes d’eau me diriez-vous? Pour dire la beauté, la complexité, la cruauté et la grandeur de la Nature? Et oui! Qui l’aurait imaginé. »