Charlotte Lelong

A propos

« Il existe une autre chose derrière les apparences, une réalité que l’on ne voit pas directement par l’oeil, mais qu’on peut sentir par l’esprit. Les anciens maîtres chinois sont excellents parce qu’ils savent capter cette réalité et l’exprimer complètement. En ce qui me concerne, je ne veux que représenter ce qui est derrière l’apparence des choses. Balthasar Klossowski de Rola, dit Balthus.

Afin de pénétrer au cœur de l’être, je pointe mon regard sur nos failles, sur des petits gestes universaux qui nous trahissent (que nous tentons de dissimuler mais notre corps parle à notre place). Il y a dans mon travail une quête d’identité à laquelle vient s’ajouter un regard documentaire ou plutôt sensible sur la fragilité et ce qu’il y a derrière les apparences de chacun. Le corps en est l’outil. Je m’intéresse aux détails, révélateurs d’un certain état intérieur.

Aller au-delà des couches et des sous-couches. Éplucher la clémentine. Décortiquer.
Je cherche à représenter une vérité de l’extrême dans mes images, une fragilité.
Cette interrogation de la représentation me stimule et m’obsède.
Ce qui m’intéresse d’abord c’est de révéler l’être contre le paraître par le corps et l’écho de l’enfance chez l’adulte. Je vois mes personnages comme des corps qui s’excusent d’être là mais qui en même temps font face. De plus j’essaie de leur donner l’air d’être avertis sur les choses tout en gardant leur candeur, comme s’il y avait des âges différents dans une même figure.

Un mélange de douceur et de violence, de beauté et de laideur regroupé dans une intimité familière.

Retrouver le « naturel », c’est peut-être ce que j’essaie de capter chez chacun de nous et de le restituer à ma façon.
Admirer l’instant où l’autre s’oublie et est en parfaite adéquation avec lui-même.
Je tente de mettre à nu en me servant d’un fond blanc sur lequel la figure peut se détacher de manière toujours un peu fragile. Ce sont les tourments, le mal-être, les fragilités qui me sautent aux yeux et que j’essaie de transmettre dans mes dessins. Je cherche à révéler l’invisible car je suis en quête du vrai, même si cela n’est que ma propre vérité, ma version du vrai. »

Source: Paris Artistes