François Bénard

A propos

François Bénard a mené depuis ses débuts un travail sculptural où il a largement expérimenté les matériaux, leur résistance et leurs réactions. Ses interventions physiques prennent diverses formes : torsion, entrelacement, enserrement, plissage, construction, empilement… Les premières séries d’œuvres – qui par ailleurs exploraient d’autres pratiques que la sculpture – ont révélé ses matériaux fétiches tels que le béton, la faïence ou encore la mousse.

Dans l’œuvre de François Bénard, les matériaux ne sont jamais pensés indépendamment mais dans une logique d’interaction entre eux ou avec d’autres corps. Ils sont parfois confrontés à des objets ready-made – conservés dans leur intégralité ou amputés pour ne retenir qu’un aspect plastique. Ces objets sont précisément choisis pour leur qualité matérielle et leur capacité d’action sur une autre matière. On assiste ainsi à de nouvelles expressions sculpturales qui combinent formes abstraites et objets ready-made mais qui surtout résultent de rencontres et de tensions inattendues. Cette quête esthétique, François Bénard la mène sur deux hémisphères : celui de l’abstraction et du figuratif. Et certaines œuvres – bien qu’intégrant des objets usuels aisément identifiables – se révèlent être un hymne au jeu possible et infini des matières.

Le choix des objets et des matériaux n’en demeure pas moins révélateurs de notre société de consommation qui en augmentant les échelles de production, réduit à vitesse grand V les cycles de vie des produits et réactive à outrance des besoins jetables dont le consommateur devient prisonnier. L’utilisation des éponges, sangles, tongs en plastique, fils a scoubidou sont de sérieux indices. Ce discours en filigrane est néanmoins suggéré avec humour, distance et légèreté. L’esthétique est pop, les couleurs sont acidulées et les références au jeu sont régulièrement convoquées.

Œuvres