Laurent Anastay-Ponsolle

A propos

“Autodidacte, je n’ai pas eu de formation artistique « classique ». Il me plait de dessiner comme si je photographiais, mettant en valeur une pose, ou un détail qui fait “parler” la composition.
Ma démarche s’articule autour de l’érotisme et de l’abandon de soi.
C’est la chair qui nous fait prendre conscience de notre corps. Elle est ma “base” de travail, mon matériau : je crois en un expressionnisme du corps qui traduit un état de l’être, une passion, ou un interdit. À mon sens, le corps parle pour l’esprit quand les mots nous manquent : « ce que cache mon langage, mon corps le dit » écrivait Roland Barthes dans « Fragments d’un discours amoureux ».
Par accumulation ou effacement, l’oeil se perd alors que les individus disparaissent : étreintes infinies, perpétuelles, par oubli de soi ou de l’autre, les traits et les personnalités s’effacent.

Dès le début de mon cheminement artistique, j’ai mis le dessin au cœur de ma démarche. En effet, même si je me tourne également vers la peinture, le dessin est réellement mon moyen d’expression de prédilection. De plus, même au travers d’une peinture, c’est avant tout un dessin qui est mis en avant, souligné à l’encre et au marqueur pour qu’il ressurgisse derrière l’huile comme une marque du corps, une cicatrice.
M’interdisant la gomme, je rature, souligne, retravaille… autant d’aspérités qui contribuent à une lecture sensible de mon travail, à l’image d’un corps que l’on découvre. Je cherche le non-dit, à comprendre l’implicite, ce qu’on a pu ressentir et qui se refuse à nous.

Au cours de mon cheminement artistique, le papier s’est toujours imposé comme une évidence. Facilité de moyens et instantanéité d’abord, recherche et sensualité par la suite. Le papier est une matière sensuelle : comme une peau, il se caresse avec respect, précaution, on apprend à en apprécier les aspérités, les particularités. Il forme, à mon sens, avec le médium qui va le travailler une symbiose très particulière : son grain va s’exprimer, sa texture fusionner avec la matière, donnant naissance à une oeuvre unique.
C’est cette recherche de contact, de « tactilité », qui correspond également à ma démarche et qui m’a amené à préférer un papier prévu pour la gravure, mais qui offre un velouté, une fragilité et une couleur qui complètent, avec mon travail, ma vision du corps sensible.”